Le business plan d'une reprise n'est pas celui d'une création. Vous ne partez pas d'hypothèses : vous partez de trois années de chiffres réels. Le travail consiste à montrer ce que deviendront ces chiffres entre vos mains, et que l'affaire peut payer votre salaire et votre emprunt.
1. Le projet et le repreneur
Une ou deux pages : qui vous êtes, pourquoi ce métier, pourquoi cette affaire, et ce qui vous rend capable de la faire tourner. Le banquier lit cette partie en premier ; c'est elle qui donne envie de lire la suite.
2. L'affaire telle qu'elle est
- Les chiffres des trois derniers exercices et leur tendance.
- L'EBE retraité, avec le détail des retraitements. Voir le calcul.
- Le bail, l'emplacement, le personnel, le matériel.
- La clientèle et la concurrence locale : qui achète, qui d'autre vend la même chose.
3. Ce que vous changerez
Horaires, gamme, prix, communication, organisation, investissements. Chaque changement doit être chiffré, et réaliste. La banque se méfie des repreneurs qui veulent tout transformer dès le premier mois : une partie de la clientèle vient pour ce qui existe.
4. Le compte de résultat prévisionnel
Trois ans, construits à partir des chiffres réels. Une hypothèse prudente pour la première année, souvent un chiffre d'affaires stable ou en légère baisse le temps que la clientèle vous adopte. Vos charges réelles : votre salaire, votre loyer, vos salariés, vos intérêts d'emprunt, vos amortissements.
5. Le plan de financement
D'un côté les besoins : prix, droits, frais, stock, travaux, trésorerie de départ. De l'autre les ressources : apport, prêt d'honneur, prêt bancaire, crédit-vendeur. Les deux colonnes doivent être égales. Voir le budget d'une reprise et les financements.
6. La trésorerie mois par mois
La première année, mois par mois : encaissements, décaissements, solde. C'est là que se voient les creux, une saison basse, une échéance de TVA, un fournisseur à payer comptant au démarrage. Un compte de résultat bénéficiaire peut cacher une trésorerie à sec en février.
7. Les risques et les scénarios
Que se passe-t-il si le chiffre d'affaires baisse de 15 % ? Un scénario prudent qui tient encore la route vaut mieux que dix pages d'optimisme. Indiquez votre seuil de rentabilité.
Le faire avec un expert-comptable
Écrivez vous-même la partie projet : personne ne la racontera mieux. Faites construire ou relire les chiffres par un expert-comptable, idéalement du métier. Sa signature sur le prévisionnel pèse dans le dossier. Voir ce que regarde la banque.