Reprendre un magasin franchisé, c'est acheter deux choses : un fonds de commerce à son propriétaire, et une place dans un réseau qui n'appartient ni à lui ni à vous. Le franchiseur a son mot à dire, et le contrat de franchise pèse autant que les comptes du magasin.
1. Obtenir l'accord du réseau, tôt
Le contrat de franchise est conclu en considération de la personne du franchisé : il ne se transmet pas automatiquement avec le fonds. Le franchiseur doit vous agréer, et il signera souvent avec vous un nouveau contrat plutôt que de vous transférer l'ancien. Beaucoup de contrats lui donnent aussi un droit de préférence : il peut racheter le magasin aux conditions que vous avez négociées. Prenez contact avec le réseau dès les premières discussions, et faites de son agrément une condition du compromis.
2. Lire le contrat comme les comptes
Avant de signer un contrat de franchise, le franchiseur doit vous remettre un document d'information précontractuel, au moins vingt jours avant la signature. Il présente le réseau, son évolution, ses comptes, la liste des franchisés et ceux qui sont partis. Lisez-le, et lisez le contrat :
- la durée restante, ou celle du nouveau contrat ;
- les droits d'entrée, éventuellement réduits pour une reprise ;
- les redevances et la contribution publicitaire, en pourcentage du chiffre d'affaires ;
- les obligations d'achat, de travaux et de rénovation du magasin ;
- la non-concurrence à la fin du contrat.
Intégrez les redevances à votre calcul de rentabilité : elles sont prélevées sur le chiffre d'affaires, que le magasin gagne de l'argent ou non.
3. Parler aux autres franchisés
La liste du document d'information vous donne leurs coordonnées. Appelez-en plusieurs, y compris d'anciens franchisés : le soutien réel du réseau, la qualité de l'approvisionnement, l'écart entre les promesses et les résultats. Demandez aussi pourquoi le magasin que vous visez est à vendre : départ en retraite, ou franchisé découragé ?
Ce que la franchise apporte à un repreneur
Une enseigne connue, des méthodes éprouvées, une formation, des conditions d'achat négociées : pour un repreneur en reconversion, c'est un cadre rassurant, et les banques le savent. En contrepartie, vous êtes moins libre : prix, gamme, aménagement et fournisseurs sont souvent imposés. Voir se reconvertir par la reprise.