Une annonce de cession ne vend pas un commerce. Elle sert à trier : faire écrire les repreneurs qui ont le projet et le financement, et décourager les autres avant qu'ils ne vous prennent des après-midi de visite. Pour cela, elle doit répondre d'avance aux questions que tout acheteur sérieux pose en premier.
Le titre : métier, lieu, un chiffre
« Affaire à saisir » ne dit rien. « Boulangerie-pâtisserie, centre-bourg 5 000 habitants, 380 000 € de CA » dit tout ce qu'un repreneur filtre en premier : est-ce mon métier, est-ce là où je veux vivre, est-ce à ma taille ? Le lieu peut rester approximatif (une ville, un quartier, un département) sans perdre son intérêt.
Les chiffres à donner
Un acheteur, et surtout sa banque, raisonne sur quelques chiffres. S'ils manquent, il suppose le pire ou passe à l'annonce suivante :
- le chiffre d'affaires des derniers exercices, et sa tendance ;
- l'EBE ou le résultat, en précisant si vous vous versez un salaire ;
- le loyer, la durée restante du bail et la surface ;
- le personnel : nombre de salariés, postes, ancienneté ;
- le prix demandé, et ce qu'il comprend (stock, matériel, licence).
Un prix sans chiffre d'affaires attire des curieux. Un chiffre d'affaires sans résultat attire des acheteurs qui redescendront de haut à la lecture des comptes.
Dire ce qui fait la valeur
« Fort potentiel » et « clientèle fidèle » sont dans toutes les annonces. Ce qui distingue la vôtre, ce sont des faits : un emplacement face à l'école, une clientèle de professionnels sous contrat, des horaires qui laissent de la marge (fermé le lundi, pas de service du soir), un matériel refait il y a deux ans, une équipe qui reste. Chaque fait vérifiable vaut mieux qu'un adjectif.
Dire pourquoi vous vendez
C'est la question que tout le monde se pose. Retraite, déménagement, autre projet : une raison simple, dite tout de suite, rassure. Son absence fait chercher le problème caché.
Ce que vous pouvez taire
La discrétion est un choix, pas une obligation. Si vos salariés, vos clients ou vos fournisseurs ne doivent pas l'apprendre par une annonce, retirez le nom, l'adresse exacte et les photos où la façade se reconnaît ; les détails se donnent ensuite aux candidats sérieux. Si au contraire l'enseigne est un atout, la montrer fait venir plus de monde. Dans les deux cas, pensez à l'obligation d'informer vos salariés avant la vente.
Les photos
Prises de jour, boutique rangée et éclairée, sans clients reconnaissables : la salle, le laboratoire ou l'atelier, le matériel principal, la vitrine. Une annonce sans photo est lue comme une annonce qui cache quelque chose.
Les erreurs qui coûtent des contacts
- Un prix sans aucun chiffre pour le justifier.
- Un EBE qui contient votre salaire sans le dire : il sera découvert, et la confiance avec.
- Des chiffres d'il y a trois ans dans une annonce qui traîne.
- Une annonce si vague qu'on ne sait pas si c'est un fonds, des murs ou des parts de société.
Sur Reprio
Vous ne rédigez pas les chiffres : ils sont lus dans vos liasses et votre bail, puis affichés avec une note sur 100 qui dit sur combien de pièces ils reposent. Vous choisissez ce que vous montrez du commerce. Déposer mon fonds.